Voitures autonomes: rêve ou réalité?

26 novembre 2019

Si je vous parle de voitures autonomes, vous pensez d’emblée à des véhicules roulant sans la moindre intervention humaine ? Eh bien détrompez-vous ! Vous roulez peut-être déjà dans une voiture autonome sans en avoir conscience…

Les voitures autonomes sont déjà une réalité !

Votre voiture dispose d’un régulateur de vitesse? D’un système de freinage d’urgence assisté ? Dans ce cas, il s’agit déjà d’un véhicule autonome ! Bien qu’elles soient considérées comme des aides à la conduite, les options telles que le freinage d’urgence ou le « park assist » représentent déjà une forme d’autonomie du véhicule.

Du front assist  au pilotage automatique

Bien sûr, plusieurs niveaux d’autonomie existent. Il y en a 6 au total, le niveau « 0 » étant l’absence d’autonomie.

Niveau 0 : Pas d’autonomie, aucune assistance prévue à ce niveau.

Niveau 1 :  Le conducteur a accès à une assistance (contrôle longitudinale ou latéral) et a la main mise sur son véhicule.

Exemples : Régulateur de vitesse, alerte de franchissement de ligne blanche, freinage d’urgence assisté,…

Niveau 2 : Le conducteur peut demander à la voiture de se charger du contrôle longitudinal et latéral mais il reste maitre de la supervision de l’ensemble. Le véhicule est capable de se déplacer sans pour autant être conscient de son environnement.

Exemple : Régulateur de vitesse adaptatif ou le maintien du véhicule sur une bande de circulation.

Niveau 3 : Le véhicule est autonome dans certaines conditions de conduite. Cela sous-entend que le véhicule est conscient de son environnement. Le conducteur doit néanmoins pouvoir reprendre la main à tout moment.

Exemple : La voiture est capable de dépasser. Elle peut aussi maintenir son allure tout en gardant ses distances de sécurité et en respectant les limites de vitesses, sur autoroute par exemple.

Niveau 4 : Le véhicule est totalement autonome dans certaines situations de conduite. Si toutes les conditions sont remplies (zone géographique, météo, etc.), le véhicule peut rouler sans aucun conducteur. L’ordinateur gère intégralement la conduite du véhicule. A la différence du niveau précédent, si le conducteur ne réagit pas, le véhicule est capable de prendre une décision.

Niveau 5 : Le véhicule est totalement autonome sans condition requise. Il peut effecteur un trajet en ville comme sur autoroute. Le conducteur ne joue plus aucun rôle, il devient passif face à la conduite de son véhicule. Plus besoin de volant ou de pédales !

Autonomous vehicles: 6 different levels

Sécurité ou liberté ? Les voitures autonomes décident à votre place !

Vous aimez exploiter la puissance de votre voiture de temps en temps ? Conduire vous détend ? Malheureusement, les voitures (totalement) autonomes ne permettront plus de profiter des frissons de la conduite. Certes, en respectant rigoureusement le code de la route la sécurité routière sera renforcée et le nombre d’accidents sera réduit. Mais cela se fera au détriment de la liberté allouée aux conducteurs… Le sujet est épineux, choisir entre liberté et sécurité ne sera pas chose facile !

L’autonomie totale : pas pour tout de suite

Malgré une forte médiatisation de ses échecs, la voiture autonome se développe de jour en jour. Il est certain que son avènement, en termes de technologie, est pour bientôt. Mais celle-ci sera réservée à certains privilégiés étant donné la valeur de ces véhicules.

De plus, avant de pouvoir intégrer les voitures autonomes sur nos routes, la législation devra évoluer c’est-à-dire changer. Il en est de même en ce qui concerne l’assurance ! Elle ne devra plus être calculée en fonction du profil du conducteur étant donné qu’il n’y aura plus de conducteur ! Qui sera en faute en cas d’accident ? Rien de tout cela  n’est clair à l’heure actuelle.

Un problème éthique : A qui incombera la faute en cas d’accident ?

Si une voiture autonome n’est pas en mesure d’éviter un accident grave impliquant des tiers, quel sera son choix ? Va-t-elle protéger ses occupants en priorité ou le piéton qui traverse la rue ? Comment fera-t-elle ce choix ? La dimension arbitraire liée aux accidents de la route sera réduite pour le meilleur mais aussi pour le pire.

Les voitures autonomes, une vision d’avenir…

Imaginez un monde où la voiture autonome est devenue la norme… La réduction conséquente du nombre d’accidents pourrait engendrer des changements de design sur les flancs des véhicules (LED ou autres écrans). Les moteurs puissants n’auraient plus d’utilité et l’accent serait mis sur le confort intérieur. Plus besoin de permis de conduire puisqu’il ne faudrait plus conduire. Mais également plus de contraventions… Excès de vitesse, franchissement de ligne blanche, conduite sous emprise seraient de l’histoire ancienne. Les radars sur le bord de nos routes seraient rendus obsolètes !

Nos dirigeants ont-ils vraiment intérêt à ce que la voiture autonome remplace la voiture classique ? La question se pose, étant donné les recettes financières engendrées par les infractions de la route.

Si les voitures autonomes présentent une évolution intéressante, elles ne remplaceront pas les voitures classiques.

La voiture autonome prend tout son sens dans le cadre du MaaS (Mobility as a Service). Une voiture autonome, partagée, toujours en activité est capable d’en remplacer plusieurs autres qui dorment sur des parkings la majeure partie du temps ! Investir dans des navettes, taxis ou autre transports en commun autonomes pourrait être une bonne idée. C’est peut-être à ce niveau que se cache tout le potentiel des véhicules autonomes de demain…

L’avis de Manu – Damages Expert chez Engie Fleet

“Etant un puriste, l’automobile est pour moi avant tout question de plaisir. Le sentiment de liberté que la voiture procure est essentiel et c’est d’ailleurs sur ce principe que l’automobile (dont l’étymologie est littéralement « se mouvoir soi-même ») a été fondée !

Pourquoi développer des véhicules autonomes alors que les transports en commun actuels présentent des avantages similaires ? Ce type de véhicule pourrait cependant être adapté aux personnes à mobilité réduite.

Je pense que la voiture autonome reste une utopie qui ne prend pas en compte les aspects financiers et sécuritaires. L’assurabilité de tels véhicules reste également problématique… En cas d’accident qui serait en tort ? Quid si un pirate informatique prenait le contrôle du véhicule ?  Un vrai casse-tête !”

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